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« I have not moved » : le critère de Mgr Strickland pour Vatican II, mis en regard des textes de l'Église elle-même

Dans une lettre pastorale de septembre, Mgr Joseph Strickland a affirmé que la continuité de Vatican II avec l'enseignement antérieur doit être démontrée, et non seulement affirmée, et qu'il examinera le Concile à la lumière de la Tradition. Les textes de l'Église elle-même disent qui doit porter ce jugement.

Par Équipe de TradWatch™

10 min de lecture

Traduit de l’anglais par TradWatch™. Lire l’original Traduit le 12 octobre 2026.

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Dans cette brève · 6 sections
  1. 01Ce qui a été dit
  2. 02Contexte
  3. 03Ce que dit le dossier
  4. 04En bref
  5. 05Sources
  6. 06Corrections

Le 12 septembre 2026, Mgr Joseph Strickland a publié une lettre pastorale intitulée « Va, répare ma maison, qui, comme tu le vois, tombe en ruine », par l'intermédiaire de son apostolat Pillars of Faith (Pillars of Faith). En novembre 2023, le pape François l'a relevé de la charge pastorale du diocèse de Tyler, au Texas (Vatican News). Le 14 septembre, OnePeterFive a republié la lettre sous le titre « “I Have Not Moved” – Bishop Strickland on Vatican II & Lefebvre » (OnePeterFive). La lettre répond à des lecteurs qui craignaient qu'il ne renonce à sa défense de la liturgie romaine traditionnelle, à ses interrogations sur ce qui a été fait au nom du Concile Vatican II, et à ses propos publics sur l'archevêque Marcel Lefebvre. Elle compte parce que Strickland avait écrit chaleureusement de la FSSPX et de Lefebvre dans les mois précédant les consécrations de juillet de la Fraternité, et parce qu'elle expose la manière dont il propose désormais de juger le Concile.

Ce qui a été dit

L’affirmation examinée, citée mot pour mot, avec un lien vers le moment où elle a été prononcée.

Affirmation 1 : Bishop Joseph Strickland

Pillars of Faith (Bishop Joseph Strickland) · 12 septembre 2026

La continuité ne peut pas être simplement affirmée. Elle doit être démontrée. Mon principe est simple. S'il y a continuité, démontrons-la. S'il y a ambiguïté, identifions-la. S'il y a rupture, localisons-la.

— Bishop Joseph Strickland, Pillars of Faith (Bishop Joseph Strickland)

En bref : Mgr Strickland a dit qu'il n'a pas changé de convictions, que la continuité du Concile avec l'enseignement antérieur doit être démontrée et non simplement affirmée, et que lui et ses lecteurs liront même ses documents les plus difficiles à côté de l'Écriture, de la Tradition, des Pères et Docteurs, et du Magistère antérieur.

Voir les faits
« Va, répare ma maison, qui, comme tu le vois, tombe en ruine »pillarsoffaith.net

Ce contenu est intégré à des fins de commentaire, de critique et de reportage. TradWatch n’est pas affilié à Pillars of Faith (Bishop Joseph Strickland). Les opinions citées sont celles de leur auteur.

Contexte

Où se situe la lettre

La lettre paraît dix semaines après que le Dicastère pour la doctrine de la foi a déclaré, le 2 juillet, que les évêques impliqués dans les consécrations de la FSSPX du 1er juillet avaient encouru l'excommunication pour un acte de nature schismatique ; une note explicative publiée avec le décret affirmait que les ministres sacrés de la Fraternité sont dans le schisme (Vatican News ; chronologie). Le 16 septembre, quatre jours après la lettre, Strickland a écrit sur X qu'un passage sur le prosélytisme dans la nouvelle note du Vatican sur le dialogue interreligieux doit être rejeté (LifeSiteNews ; chronologie). Le lendemain, il a publié une seconde lettre, « Jésus-Christ, seul Sauveur du monde », qui affirme que la note contient beaucoup de choses que tout catholique devrait affirmer, tout en questionnant d'autres passages (Pillars of Faith). La manière de lire le Concile est une question récurrente dans les médias traditionalistes ; voir L'autorité de Vatican II et la FSSPX.

Sur l’affirmation 1 · Bishop Joseph Strickland

Les phrases citées viennent du cœur de la lettre, juste après que Strickland évoque le contraste posé par Benoît XVI en 2005 entre une herméneutique de la discontinuité et de la rupture et une herméneutique de la réforme, ainsi que le refus de Benoît à la fois de figer l'autorité d'enseignement de l'Église en 1962 et de séparer Vatican II de ce qui l'a précédé. Strickland juge cette distinction essentielle et présente la demande de démonstration comme un ajout à celle-ci. Il s'adresse d'abord aux lecteurs qui craignaient qu'il ait changé : il dit qu'il n'a pas bougé, et qu'il cherche à dire la vérité avec plus de précision, non avec moins de bonne volonté. Aucune des deux explications habituelles de la crise ne suffit à elle seule, écrit-il : soit Vatican II l'a causée, soit le Concile était sain et seule sa mise en œuvre a échoué. Il veut établir ce que le Concile a dit, ce qu'il n'a pas dit et ce qui a été fait en son nom. Il affirme que lui et ses lecteurs liront même les documents qui soulèvent les questions les plus difficiles sur leur rapport à l'enseignement antérieur à côté de l'Écriture, de la Tradition, des Pères et Docteurs et du Magistère antérieur, et se demanderont si chacun d'eux peut tenir dans la foi que l'Église a reçue. Il décrit cela comme un examen de Vatican II à la lumière de la Tradition et non l'inverse, et dit que si quelque chose ne peut être concilié, l'Église devra finir par avoir le courage de l'aborder. Il présente ce travail comme une part de la responsabilité d'un évêque, écrivant que les évêques d'aujourd'hui ne peuvent indéfiniment transmettre ces questions aux évêques de demain. Il demande aux défenseurs du Concile de ne pas traiter les questions sérieuses comme de la désobéissance et de reconnaître toute réforme allant au-delà de ce que le Concile demandait. Au sujet de Lefebvre, il ne retire pas ses propos favorables antérieurs et rappelle avoir dit qu'il croit possible que l'Église reconnaisse un jour sa sainteté, tout en affirmant que le jugement appartient à l'Église. Il se réjouit que ce qui aurait pu être perdu ait été préservé, mais dit que la vocation de Lefebvre n'a pas à être la sienne ; il décrit sa tâche comme celle de bâtir un pont entre des catholiques divisés, et non un compromis entre la vérité et l'erreur. La note de l'éditeur de OnePeterFive renvoie ses lecteurs à son Défi de lecture de Vatican II, qui s'ouvre sur l'appel du pape Léon XIV à revenir aux documents du Concile et à les relire (Pillars of Faith). Plus tôt en 2026, il avait publié « La FSSPX et la question de la continuité apostolique » (3 février) et « La FSSPX : une histoire d'amour » (25 juin), que LifeSiteNews a republié le lendemain sous forme de tribune, sous un titre affirmant que c'est l'amour, et non la défiance, qui a animé Lefebvre et la FSSPX ; la lettre elle-même parle de l'amour qui a inspiré les sacrifices de la Fraternité (Pillars of Faith ; Pillars of Faith ; LifeSiteNews).

Ce que dit le dossier

Ce que montrent les sources, affirmation par affirmation.

Fait vérifiablepeut être vérifié à l’aide des sources citées.Analyse de TradWatchest notre interprétation, clairement signalée.
1

Affirmation 1 · Bishop Joseph Strickland

Mgr Strickland a dit qu'il n'a pas changé de convictions, que la continuité du Concile avec l'enseignement antérieur doit être démontrée et non simplement affirmée, et que lui et ses lecteurs liront même ses documents les plus difficiles à côté de l'Écriture, de la Tradition, des Pères et Docteurs, et du Magistère antérieur.

  1. Fait vérifiable

    Qui, dans les textes de l'Église, interprète la Tradition et le Concile

    Les documents de l'Église traitent de qui interprète la Tradition et le Concile. Lumen Gentium 25 enseigne que les évêques sont des maîtres authentiques, revêtus de l'autorité du Christ, et que les évêques qui enseignent en communion avec le Pontife romain doivent être respectés comme témoins de la vérité divine et catholique. Il ajoute que les fidèles doivent au Magistère authentique du Pape la soumission religieuse de l'esprit et de la volonté, même lorsqu'il ne parle pas ex cathedra. Dans Ecclesia Dei (2 juillet 1988), Jean-Paul II a attribué les consécrations de Lefebvre à une notion incomplète et contradictoire de la Tradition (§4). Elle était incomplète parce qu'elle ne tenait pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition, et contradictoire parce qu'elle opposait la Tradition au Magistère universel que possèdent l'Évêque de Rome et le corps des évêques. Au §5, il a décrit la Tradition comme interprétée authentiquement par le Magistère de l'Église, en particulier dans les conciles œcuméniques de Nicée à Vatican II, et demandé aux théologiens une étude plus approfondie pour montrer clairement la continuité du Concile avec la Tradition. En 2009, Benoît XVI a écrit aux évêques du monde entier que les problèmes subsistant avec la Fraternité concernaient principalement l'acceptation de Vatican II et du Magistère postconciliaire des papes, et que l'autorité d'enseignement de l'Église ne peut pas être figée en 1962. Dans la même lettre, il rappelait à ceux qui se présentent comme de grands défenseurs du Concile que Vatican II embrasse toute l'histoire doctrinale de l'Église.

    Sources

  2. Fait vérifiable

    Comment les papes récents ont encadré la lecture du Concile

    Dans son discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005, Benoît XVI a opposé une herméneutique de la discontinuité et de la rupture à une herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église. Il a pris la liberté religieuse comme exemple de continuité de principe, avec une discontinuité dans certaines décisions historiques (vatican.va). Strickland cite ce discours dans sa lettre. Le 7 janvier 2026, lors de son audience générale, Léon XIV a ouvert un cycle de catéchèses sur Vatican II. Il a demandé aux catholiques de connaître à nouveau le Concile non par ouï-dire ni par les interprétations qui en ont été données, mais en relisant ses documents, qu'il a décrits comme le Magistère qui demeure aujourd'hui l'étoile qui guide le chemin de l'Église (vatican.va). Ses catéchèses du mercredi tout au long de 2026 ont parcouru ces documents, y compris la constitution sur la liturgie (vatican.va). Le 16 juin 2026, avant les consécrations du 1er juillet, il a dit aux journalistes que la FSSPX refuse certains éléments fondamentaux de l'Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II (America).

    Sources

    • 5

      Source officielle de l’Église

      Benedict XVI, Address to the Roman Curia, 22 December 2005

      Discours de Sa Sainteté Benoît XVI à la Curie romaine à l'occasion de ses vœux de Noël (22 décembre 2005)

      Holy See (vatican.va) · 22 décembre 2005

      Autres analyses citant Roman CuriaLire la source

    • 6

      Source officielle de l’Église

      Leo XIV, General Audience of 7 January 2026

      Audience générale du 7 janvier 2026 – Catéchèse. Le Concile Vatican II à travers ses documents. Catéchèse introductive

      Holy See (vatican.va) · 7 janvier 2026

      Lire la source

    • 7

      Source officielle de l’Église

      Leo XIV, General Audience of 5 August 2026

      Audience générale du 5 août 2026 – Catéchèse. Les documents du Concile Vatican II. III. Constitution Sacrosanctum Concilium. 5. La prière de l'Église

      Holy See (vatican.va) · 5 août 2026

      Lire la source

    • 8

      Journalisme

      Le pape Léon se prononce sur les ordinations de la FSSPX et l'accord entre les États-Unis et l'Iran

      America · 16 juin 2026

      Lire la source

  3. Analyse de TradWatch

    Une demande légitime, une méthode contestable

    Une partie de l'argumentation de Strickland trouve un appui dans des textes papaux et conciliaires. Le cadre de 2005 de Benoît, que Strickland cite, traite la continuité comme quelque chose qu'il faut comprendre et expliquer, non simplement annoncer ; et dans Ecclesia Dei §5, Jean-Paul II a demandé aux théologiens de montrer plus clairement la continuité du Concile avec la Tradition. Le rappel de 2009 de Benoît aux défenseurs du Concile touche un point proche de celui de Strickland : lire Vatican II dans l'ensemble de la Tradition. Léon XIV lui-même a exhorté les catholiques à relire les documents plutôt que de s'en remettre au ouï-dire ou aux interprétations qui en ont été données. L'appel à reconnaître les réformes qui ont dépassé le Concile a également un fondement conciliaire : Sacrosanctum Concilium 23 n'admettait les innovations liturgiques que lorsque le bien de l'Église les exigeait réellement et avec certitude. La tension avec les textes de l'Église porte sur un point plus étroit : qui mène l'épreuve. Strickland présente ce travail comme une part de sa responsabilité d'évêque et laisse à l'Église tout remède final, mais il propose que lui et ses lecteurs jugent si chaque texte conciliaire peut tenir, en examinant Vatican II à la lumière de la Tradition et non l'inverse. Dans Ecclesia Dei, la Tradition est interprétée authentiquement par le Magistère, y compris les conciles jusqu'à Vatican II ; selon ce raisonnement, l'enseignement d'un concile fait partie de la mesure, et pas seulement de ce qui est mesuré. Lumen Gentium 25 reconnaît bien les évêques comme maîtres authentiques, mais les décrit comme enseignant en communion avec le Pontife romain, et demande de façon particulière la soumission religieuse de l'esprit et de la volonté au Magistère authentique du Pape. Sur une question, Strickland lui-même s'en remet à l'Église, en lui laissant tout jugement sur la sainteté de Lefebvre. Appliqué au Concile, le même principe donnerait du poids à la lecture qu'a faite le Pape.

    Sources

    • 4

      Source officielle de l’Église

      Benedict XVI, Letter of 10 March 2009

      Lettre du Pape Benoît XVI aux évêques de l'Église catholique concernant la remise de l'excommunication des quatre évêques consacrés par l'archevêque Lefebvre (10 mars 2009)

      Holy See (vatican.va) · 10 mars 2009

      Autres analyses citant Remissione ScomunicaLire la source

    • 9

      Source officielle de l’Église

      Sacrosanctum Concilium 23

      Constitution sur la liturgie sacrée Sacrosanctum Concilium (1963)

      Holy See (vatican.va) · 4 décembre 1963

      Autres analyses citant Sacrosanctum ConciliumLire la source

    • 3

      Source officielle de l’Église

      Ecclesia Dei §§4–5

      Lettre apostolique « Ecclesia Dei » donnée sous forme de motu proprio (2 juillet 1988)

      Holy See (vatican.va) · 2 juillet 1988

      Autres analyses citant Ecclesia DeiLire la source

    • 2

      Source officielle de l’Église

      Lumen Gentium 25

      Constitution dogmatique sur l'Église Lumen Gentium

      Holy See (vatican.va) · 21 novembre 1964

      Autres analyses citant Lumen GentiumLire la source

    • 6

      Source officielle de l’Église

      Leo XIV, General Audience of 7 January 2026

      Audience générale du 7 janvier 2026 – Catéchèse. Le Concile Vatican II à travers ses documents. Catéchèse introductive

      Holy See (vatican.va) · 7 janvier 2026

      Lire la source

    • 1

      Source primaire

      « Va, répare ma maison, qui, comme tu le vois, tombe en ruine »

      Pillars of Faith (Bishop Joseph Strickland) · 12 septembre 2026

      Lire la source

En bref

La demande de Strickland que la continuité soit démontrée et non seulement affirmée trouve un appui dans la démarche de Benoît XVI et dans l'appel de Jean-Paul II à étudier la continuité du Concile avec la Tradition, et son appel à reconnaître les excès de la réforme a un fondement conciliaire. La tension avec les textes de l'Église porte sur qui conduit l'épreuve : la lettre propose que lui et ses lecteurs jugent si chaque texte conciliaire peut tenir, en laissant tout remède à l'Église. Ecclesia Dei et Lumen Gentium attribuent l'interprétation authentique de la Tradition au Pape et aux évêques en communion avec lui, et Léon XIV a décrit les documents du Concile comme le Magistère qui demeure l'étoile qui guide le chemin de l'Église.

Sources

9 sources: 1 source primaire, 7 sources ecclésiales, 1 article de presse. Chaque source est liée ; lorsqu’une page peut changer, nous renvoyons vers une copie archivée.

Corrections et mises à jour

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